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Just friends


Un film de Marc-Henri Wajnberg (1993, 96 minutes, Belgique)
(fiction)

Scénaristes : Pierre Sterckx, Alexandre Wajnberg, Marc-Henri Wajnberg, Thierry Smolderen

Distribution : Josse De Pauw, Charles Berling, Ann-Gisel Glass, Sylvie Milhaud, etc...

Musique : Michel Herr

Une bande son très jazzy, avec la participation du saxophoniste américain Archie Shepp, de musiciens européens de premier plan comme John Engels (drs), Silvia Droste (voc.), Riccardo Del Fra (b), Michel Herr (p) et un big band composé d'excellents musiciens belges, etc... (pour plus de détails, voir la page consacrée au CD de la bande originale de Just Friends, paru chez AMC).


Ce film a reçu pas moins de 12 prix !

Sélection belge pour le meilleur film étranger aux Academy Awards - USA - 1994
Meilleur premier film
Festival de Montevideo – Uruguay – 1994
Grand Prix
Festival de Val d'Aoste – Italy – 1994
Prix Femina
Ville de Bruxelles – Belgique – 1994
Prix Joseph Plateau
Meilleur film belge – Belgique – 1994
Prix Joseph Plateau
Meilleur acteur (Josse De Pauw) – Belgique – 1994
Prix Joseph Plateau
Meilleur réalisateur – Belgique – 1994
Gran Premio
Incontri International del Cinema di Sorrento – Italie – 1994
Prix de l'UCC
Prix des critiques belges pour le meilleur film – Belgique – 1993
Prix Cavens
Belgique – 1993
Prix des Jeunes
Meilleur film belge – Belgique – 1993
Prix Philip Morris Movie Club
Meilleur acteur (Josse De Pauw)
Meilleur film
Festival de la Baule – France – 1993

Le CD de la bande originale a été élu album du mois dans le magazine belge de jazz "Jazz in Time" (Déc. '93)

Plus d'infos sur ce film sur le site web du producteur, Wajnbrosse Productions que l'on peut également contacter pour acheter un DVD.


Audio

Song for Lucy (Générique fin)
Bass boom
Jeff's funeral

Une bande originale très remarquée signée par Michel Herr pour ce film belge qui a reçu de nombreux prix (pas moins de 12 !). En 1994, il fut la sélection belge pour le meilleur film étranger aux Academy Awards (USA).
Le film raconte l'histoire de Jack, un saxophoniste belge talentueux, qui rêve de faire carrière aux Etats-Unis. Bien que le personnage principal ait été inspiré par la personnalité du saxophoniste anversois Jack Sels, il s'agit ici de pure fiction.
"Just Friends" est un film rempli de sonorités jazz, un voyage émouvant qui parle d'amitié, d'amour, mais aussi des côtés difficiles et ingrats de la vie de musicien, et de la difficulté d'être un artiste, un innovateur en Belgique.
Si vous y prêtez attention, vous pourrez même repérer dans le film quelques jazzmen belges qui y jouent un petit rôle, comme Philippe Aerts, Edmond Harnie, Jeanfrançois Prins, Bart Defoort, Bo Van der Werf, Michel Massot, etc... ainsi que de brèves apparitions d'un big band composé de pointures du jazz belge. Un des bijoux du film est aussi une scène assez surréaliste au cours de laquelle on peut voir 20 bassistes jouer ensemble sur la Grand' Place d'Anvers...
La prestation remarquable de l'acteur Josse De Pauw dans le rôle du saxophoniste trouve son pendant émotionnel dans la bande sonore avec les sonorités rauques du saxophoniste américain Archie Shepp.
Michel Herr a aussi fait appel à des jazzmen européens et belges de premier plan afin d'assurer à la bande sonore une couleur authentiquement jazz, avec des compositions musicales qui vont du solo au big band.
PS : En automne 2004, le film a connu une seconde carrière dans les salles de cinéma en Chine. Une nouvelles affiche, la réédition du CD avec une nouvelle pochette, et un DVD seront bientôt autant de pièces de collection recherchées par les amateurs ...

La critique dans Jazzman (F)

Just Friends : Un film juste

Just friends : un film de Marc-Henri Wajnberg, le réalisateur belge de Just friends, s'est inspiré d'un personnage légendaire du jazz belge des années cinquante, le saxophoniste flamand Jack Sells qui fut docker à Anvers durant une partie de sa vie. Comme dans le film mythique Sven Klangs Kvintet du réalisateur suédois Stellan Olsson, Marc-Henri Wajnberg traite son jazz sous l'angle de la fascination qu'il peut exercer auprès de jeunes Blancs européens. Mais là où Olsson dépeint la solitude poignante et hautaine d'un bopper suédois égaré dans un pays où il se sent exclu, Wajnberg porte à l'écran non seulement la confrérie du jazz européen des fifties (ses amateurs dilettantes ou parkériens militants, ses collectionneurs maniaques, ses musiciens, ses déchus), mais plus particulièrement les quatre cents coups qui tissent la trame d'une amitié rebelle entre Jack le saxophoniste, André son ami sculpteur, la chanteuse Anita et la jeune Lucy à la veille des sixties. Si la fin du film voit Jack sur le point de rejoindre New York, on doute de sa détermination à partir. Cette chaleur de la communauté belge qui l'entoure, avec de forts accents que le film n'a pas cherché à gommer, nous fait redouter pour lui l'environnement new-yorkais.
Bref, le titre ne ment pas. Just friends est un film sur l'amitié, bourré d'humour, de tendresse et merveilleusement bien joué, destiné tant au grand public qu'au cénacle des amateurs de jazz qui s'y retrouveront avec bonheur.
Le jazz y est traité avec une justesse rare. Le pianiste Michel Herr ne s'est pas contenté d'en écrire la musique. Son regard de directeur musical a permis à Wajnberg de tirer un maximum des mille anecdotes aussi drôles qu'émouvantes qu'il a recueillies, de monter les scènes musicales et de faire vivre cette confrérie du jazz avec une exactitude inespérée du geste, de l'attitude et de l'expression parlée. Les acteurs ont étudié longuement les instruments que l'on plaçait entre leurs mains et les musiques qu'ils étaient censés interpréter. Franck Vercruyssen (Jeff) a poussé la conscience jusqu'à apprendre les lignes de basse de la bande sonore (Riccardo Del Fra) pour les rejouer telles quelles en gros plan à l'écran. Les vocaux simulés de l'actrice Sylvie Milhaud restent crédibles jusque sur les solos de Charlie Parker "scattés" par l'excellente chanteuse allemande Silvia Droste. Enfin, la participation d'Archie Shepp à la bande sonore étonnera ceux qui le savent au plus bas de sa carrière. Le style qu'il prête au personnage de Jack correspond assez bien à ce qu'aurait pu être le modernisme balbutiant d'un saxophoniste européen un peu visionnaire prêt à tenter sa chance aux Etats-Unis à la veille de l'explosion free."

Franck Bergerot (Jazzman, 1994)